Publications en cours

Le «carnet de technique picturale» (1901–1905) de Hans Emmenegger

Direction
Karoline Beltinger
Equipe
Nadim C. Scherrer, Carolina Zanchet Guerra, N.N.
Partenaires
Kunsttechnologisches Labor HKB, Berner Fachhochschule
Durée
2019–2022
Série
«Kunstmaterial», volume 6

Description du projet

Le point de départ de ce projet de recherche est un carnet dans lequel le peintre Hans Emmenegger (1866–1940), natif de Suisse centrale, a noté systématiquement des informations sur sa technique picturale dans le premier quart du XXe siècle. Les 150 pages sur lesquelles l’artiste a documenté entre février et 1901 et juin 1905 le processus de création, souvent laborieux, de ses peintures, ses réflexions techniques et artistiques à leur sujet, ses réussites techniques mais aussi ses échecs, présentent un intérêt tout à fait particulier. Sur la dernière page, il a compilé une liste succincte des matériaux qu’il utilisait. Ce sont des produits de fabricants connus ou inconnus achetés dans le commerce, notamment des toiles déjà préparées, des couleurs en tube (huile et tempera), divers mediums et siccatifs, des fixatifs et des vernis.
Les listes d’Emmenegger et ses notes, qui ont le caractère d’un journal intime, ne sont pas seulement d’une pertinence exceptionnelle en ce qui concerne ses propres œuvres, mais aussi dans le contexte plus vaste de la technique picturale au début du XXe siècle. Dans le cadre de ce projet de recherche, ces informations seront évaluées sur le plan scientifique. Parallèlement, une sélection de peintures réalisées par l’artiste entre 1901 et 1905 sera étudiée au moyen des méthodes d’imagerie diagnostique et les matériaux utilisés seront analysés. Les résultats seront ensuite comparés avec les notes correspondantes dans le carnet.
Les photos ci-dessous donnent une idée de ce travail de recherche.

Le petit carnet de Hans Emmenegger, qui est à l’origine du projet de recherche de SIK-ISEA sur la technologie de l’art, se trouve aujourd’hui dans les archives manuscrites de la Zentral- und Hochschulbibliothek de Lucerne.

Sur cette page du carnet, on peut lire que l’artiste a travaillé au dessin sous-jacent (cf. note) de la peinture intitulée Solitude (désignée ici comme le numéro «37») du 12 au 14 février 1902 et que, le jour suivant, il a commencé à peindre la sous-couche. En mars, la peinture était terminée.

Hans Emmenegger, Solitude, 1902–1904, huile sur toile, 96,5 x 130 cm, Kunstmuseum, Soleure. Photo: SIK-ISEA, Zurich (Philipp Hitz). Emmenegger a peint Solitude dans son atelier à partir d’une étude qu’il avait réalisée en plein air au bord du lac de Garde l’automne précédent.

Dans le cadre du projet de recherche de SIK-ISEA, la structure et la composition de la couche de peinture de Solitude – ainsi que de celles d’autres peintures sélectionnées – seront analysées à l’aide de minuscules échantillons et les résultats seront comparés avec les notes prises par Emmenegger.

Après avoir exposé son tableau Solitude à Paris durant l’été 1902, l’artiste le retravailla une première fois en décembre 1902. Il a également documenté cette intervention et d’autres modifications réalisées ultérieurement dans son carnet.

«Élargi en haut à gauche l’ombre portée sur le cyprès au centre», a noté Emmenegger en décembre 1902, lorsqu’il a retravaillé pour la première fois le tableau. La réflectographie infrarouge (IRR) montre l’ombre étroite de l’ancienne version, aujourd’hui plus large.

La radiographie montre les nuages que le peintre a ajoutés en décembre 1902, mais qu’il a de nouveau recouverts en février 1904, lors de sa dernière modification.

Les résultats de ces recherches seront publiés dans le volume 6 de la série KUNSTmaterial et en ligne.

Le projet est soutenu par:

  • Swiss Re, Zurich
  • Collections publiques et privées grâce au prêt de tableaux